La thérapie systémique

Plus connue sous le nom de l’Ecole de Palo Alto, la thérapie systémique, née dans les années 1950 en Californie, se place sous le double héritage de Gregory BATESON et Paul WATZLAWICK. Cette approche réfute le concept de pathologie constitutive de l’individu. Elle cherche à aborder les personnes non seulement au niveau individuel, mais aussi dans une compréhension globale portant sur les interactions de groupe et les caractéristiques du système dans lequel elles vivent – couple, famille ou autre-.

La thérapie systémique a évolué grâce aux recherches et à l’expérience de thérapeutes de renom, dont Mony ELKAIM en France. Destinée en tout premier lieu à des groupes (le groupe pouvant être une dyade) elle a évoluée et se décline aujourd’hui également sous forme de thérapie individuelle. Celle-ci s’inscrira dans une perspective relationnelle. Le consultant est perçu dans l’ensemble de ses réseaux d’appartenance (couple, famille, réseau social, réseau professionnel…)

Le thérapeute systémicien ne se prétend pas neutre, il s’implique, il estime faire partie de ce nouveau système particulier créé par la rencontre thérapeute-consultant ou thérapeute-couple ou encore thérapeute-famille. De par sa présence, il sait qu’il en change des comportements, des façons d’être, de parler et il sait qu’il entre lui-même en résonnance avec les personnes venues consulter. Il ne prétend pas être objectif, il peut même exprimer des suggestions, inviter le ou les consultants à mettre en place certaines expériences d’observation, de communication, de manière à ce que les personnes restent « en thérapie » dans la vie courante.

Son point de vue différent lui permet de recadrer l’histoire qu’on lui raconte, lui donner un angle de vue qui éclairera peut-être autrement les personnes et leur donnera de nouvelles clés pour comprendre. Il ne s’agit pas de trouver un responsable à la souffrance qui est exprimée, mais de comprendre les relations piégées, de mettre à jour les impasses relationnelles. Un symptôme peut servir à maintenir une situation en homéostasie, c’est-à- dire une stabilité du couple ou de la famille. Par exemple un adolescent avec une conduite à risque peut monopoliser à ce point l’énergie parentale que les parents en oublient leur mésentente. Ce comportement de l’adolescent est alors la solution au problème (permettre le maintien de la famille) et non pas le problème lui-même qui est la mésentente.

Au cours d’une thérapie de couple, comme lors d’une thérapie familiale, les personnes doivent être comprises, considérées, non pas isolément, mais à travers les relations intra-conjugales ou intra-familiales. Nous sommes dès la naissance entourés de personnes auxquelles nous réagissons, et qui réagissent à nous. Nous ne sommes devenus des « je » que grâce aux autres qui nous ont dit « tu ». Nos réactions physiques, mentales, comportementales sont intimement liées aux autres.

Pour le thérapeute systémicien il est important de comprendre comment le symptôme s’est installé et quelle est sa fonction dans le système : que permet-il, qu’empêche-t- il, quel pouvoir donne-t- il, et à qui ? etc…